Blog Resource Planner
Aucun chef de projet ne respecte toujours les délais. Notre étude montre pourquoi.
Les délais sont partout en gestion de projet.
L’équipe commerciale les promet. Les rapports d’avancement s’articulent autour d’eux. Les clients et les parties prenantes les attendent.
Mais voici la vérité dérangeante :
Presque personne ne respecte systématiquement les échéances des jalons.
Nous avons mené une petite étude auprès de 20 chefs de projet issus de plusieurs secteurs afin de comprendre comment les échéances de jalons fonctionnent réellement dans la pratique.
Les résultats confirment ce que beaucoup de chefs de projet soupçonnent discrètement :
Les jalons sont souvent davantage des promesses optimistes que des plans réalistes.
Et les raisons pourraient vous surprendre.
Première surprise : personne ne respecte toujours les jalons
Nous avons demandé aux chefs de projet à quelle fréquence ils respectent les échéances des jalons.
Sur une échelle de 1 (rarement) à 5 (presque toujours) :
- 35 % ont répondu 3
- 30 % ont répondu 2
- 20 % ont répondu 4
- 15 % ont répondu 1
- 0 % ont répondu 5
Pas un seul répondant n’a déclaré respecter systématiquement les délais.
Aucun.
Cela ne signifie pas que les chefs de projet sont mauvais dans leur travail.
Cela signifie que la planification des jalons est fondamentalement difficile.

Deuxième surprise : la plupart des jalons ne sont que « relativement réalistes »
Nous avons demandé dans quelle mesure les échéances des jalons sont réalistes lorsqu’elles sont définies pour la première fois.
Résultats :
- 50 % ont répondu « modérément réalistes »
- 25 % ont répondu « légèrement irréalistes »
- 15 % ont répondu « assez réalistes »
- 10 % ont répondu « très irréalistes ou très réalistes »
En d’autres termes :
La plupart des chefs de projet savent déjà que les jalons sont imparfaits au moment même où ils sont créés.
La planification des jalons relève souvent moins de la prévision que de l’alignement : aligner les attentes du management, aligner les attentes des clients, aligner les engagements commerciaux
La réalité vient plus tard.

Troisième surprise : le problème ne vient pas de l’exécution
Quand les délais dérapent, c’est souvent l’exécution qui est mise en cause (développeurs, ouvriers du bâtiment...).
Mais les données montrent autre chose.
Les principales causes des jalons non respectés étaient :
- Changements de périmètre — 60 %
La première cause, et de loin.
Les projets changent après la planification — et les calendriers changent avec eux.
- Délais irréalistes dès le départ — 55 %
Beaucoup de délais sont irréalistes avant même que le projet ne commence.
Cela explique pourquoi même des équipes solides ont du mal à les tenir.
- Dépendances externes — 25 %
D’autres équipes, fournisseurs et parties prenantes créent des retards qui échappent au contrôle du chef de projet.
- Attente des clients — 25 %
Les projets ralentissent souvent non pas parce que les équipes sont en retard — mais parce que les clients le sont.
- Problèmes de planification des ressources — 20 %

Quatrième surprise : la plupart des délais sont imposés d’en haut
Nous avons demandé pourquoi des délais irréalistes sont acceptés.
Le principal facteur était :
- Les attentes du management — 40 %
Suivi de :
- La pression des clients — 25 %
- Le biais d’optimisme — 25 %
- Les engagements commerciaux — 10 %
- La pression concurrentielle a obtenu 0 %.
Cela suggère que la pression sur les jalons vient principalement de l’intérieur de l’organisation — et non du marché.

Cinquième surprise : la plupart des équipes ajoutent déjà des marges
Les chefs de projet ne sont pas naïfs.
La plupart des équipes essaient de protéger les délais avec des marges :
- 35 % utilisent les données de projets passés
- 30 % fondent les marges sur le risque
- 25 % utilisent des pourcentages fixes
- 10 % n’utilisent aucune marge
Taille de marge typique :
- 11–20 % → 45 %
- 21–30 % → 20 %
- Varie selon le projet → 20 %
Malgré cela, les jalons continuent régulièrement de déraper.
Ce qui laisse penser que le problème ne vient pas d’un manque de marges.


Le véritable problème des jalons
Le problème de fond n’est pas l’estimation. Ce ne sont pas les développeurs. Ce n’est même pas l’absence de marges.
La plupart des chefs de projet expérimentés connaissent déjà ce schéma :
Un délai est défini par le management.
Le plan est construit autour de ce délai.
La réalité le remodèle lentement.
Le périmètre évolue.
La capacité change.
Des dépendances apparaissent.
Et le chef de projet essaie de maintenir l’alignement de l’ensemble, mais la combinaison de tous ces facteurs finit par déplacer les jalons.
Ce qui améliore réellement la fiabilité des jalons
L’étude suggère que la fiabilité des jalons s’améliore lorsque les équipes :
- Planifient le travail de façon visuelle
- Voient la capacité réelle
- Suivent les dépendances
- Limitent le travail en chevauchement
- Ajoutent des marges réalistes
- Ajustent les plans en continu
En d’autres termes :
Les jalons deviennent plus réalistes lorsqu’ils sont reliés au travail réel sur une chronologie.
Pas seulement à une date dans un document.
Si vous voulez voir à quoi cela ressemble sur le plan opérationnel, notre guide de la réunion hebdomadaire de planification des ressources détaille ce rythme de travail.
C’est exactement pour cela que des outils comme Resource Planner existent — pour relier les échéances des jalons aux charges de travail réelles.
Car le jalon le plus fiable n’est pas celui qui arrive le plus tôt.
C’est celui qui repose sur la réalité.